03.10.2011
LA DEMOCRATIE
J'ai demandé à Attika si elle allait voter pour le Projet de la nouvelle Constitution. Elle m' a dit non et m'a appris que des Partis Politiques offraient 100 dhirams contre un bulletin. La veille du vote, on a fermé les écoles. Tant mieux se sont dits les gamins qu'on avait enrôlés pour défiler dans les rues, avec musique et chants. "Qu'est-ce qu'ils disent ?". "Ils chantent "vive le Roi". A la fin de la journée, les processions ont repris le chemin des écoles et les gamins ont moins rigolé : il a fallu faire le grand nettoyage et disposer autrement tables et chaises. Le Projet de Constitution a été approuvé. Le Roi a pu présenter à ses amis Occidentaux, un dossier parfaitement bien ficelé et dans les règles démocratiques. Je suppose qu'on a remis tout çà aussitôt dans un tiroir.
21:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
LA DERNIERE PRIERE DU RAMADAN
Lors de la dernière prière du Ramadan de cette année, plus de 2000 fidèles étaient rassemblés autour de la Koutoubia. Les hommes sur le parvis principal de la Mosquée ; les femmes sur le côté, parmi les ruines de l'ancienne mosquée. Celle qui aurait été construite par erreur et dont il ne reste plus que la base des piliers. La symbolique du lieu, pour les femmes, est forte et désespérante. Cette prière a duré plus d'une heure et demie ; tout le monde restait debout sans connaître le moment où le crieur allait s'arrêter (car il s'arrête quand il veut). L'émotion devait être forte ; le crieur avait des sanglots dans la voix. Le lendemain, des bruits de fierté courraient dans les ruelles de la Médina : deux femmes étaient mortes durant la Prière. Je dis bien : des bruits de fierté. Tournant le dos à tout cela, je suis allée achetée des fruits au petit Souk près de la Place. Nous étions seuls avec le vendeur. J'ai dit : eh bien, le Ramadan c'est fini ce soir ! Il a répondu : ouf, on va pouvoir être libre. Je l'ai quittée contente : enfin qqn qui ne suivait pas le groupe.
20:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.01.2010
LES NOUVEAUX SACS PLASTIQUES
Cà y est : il y n'y aura plus de sacs plastiques noirs au Maroc ! Je demande à Attika ce qui se passe. "La pollution, ils restaient 100 ans.. maintenant çà sera des sacs fabriqués par la France, transparents, blancs ou roses, qui ne polluent pas". J'ajoute : "Biodégradables " (tout en pensant que moi aussi je le suis et que je l'étais avant l'invention du mot). Puis je réalise qqchose.. "Mais çà ne va pas, il faut des sacs noirs ! ". En effet, jamais les marocaines n'accepteront de faire voir ce qu'elles ont acheté, ce qu'elles vont offrir, ce qu'elles transportent. Le sac noir est aux achats ce qu'est le voile aux visages ! L'Islam va jusque là : jusque dans les cabats. "Comment allez-vous faire ?". "On va prendre les sacs berbères". "Les sacs berbères ??? C'est quoi les sacs berbères ??" "Mais tu sais bien, les sacs que les femmes vendent le soir sur la Place des Epices". Ah oui.. les paniers en osier... Mais à mon avis, çà ne va pas marcher. Cà s'accroche très mal aux poignées de mobylette..."Attika.. qui c'est qui va ramasser tous les sacs noirs qui sont partout dans le pays, dans les montagnes, dans les arbres, dans les oueds ?".. Elle me regarde et éclate de rire..
22:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.03.2009
LES FONTAINES
Près de chaque mosquée,une fontaine. Pour les abblutions obligatoires avant la prière. Les adolescents y nettoyent leurs MBK ou Yamaha
21:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.08.2008
TRAVERSER A QUEL PRIX ?
Je ne m'habitue pas aux traversées périlleuses du boulevard Mohamed V. J'ai tout essayé : me coller à un groupe, attendre un hypothétique feu rouge, choisir un passage près d'un policier, regarder les conducteurs qui arrivent pour me faire respecter...Le plus efficace serait de traverser en même temps qu'un vieillard... mais ils n'osent plus traverser le boulevard Mohamed V
16:39 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
LE CHERGUY
Fin juin 2008, et durant 4 jours, le cherguy a soufflé sur Marrakech. En après-midi, il fait 49°. Sur la terrasse, une chatte y a mis bas trois chattons. Le deuxième jour, je retrouve le cadavre de l'un deux en bas, ds la rue, près des détritus pour l'éboueur du lendemain. Tous les jours je surveille la résistance des deux autres. Souvent, le petit ventre pas plus gros qu'une balle de ping-pong semble ne plus se soulever. Et pourtant ils sont toujours là le lendemain. Je vis enfermée au rez de chaussée ; le 4ème jour, malade, je vomis le peu que j'ai mangé. Attika me traîne au hammam ; c'est chaleur mouillée contre chaleur sèche... le hammam me remet sur pieds. Puis nous prenons un coca au Café de france. Attika regarde la Place Jeema El Fna où elle travaille chaque jour... Elle sort son MP3, s'isole, de moi, de la Place, du Maroc, de tout... et ose enfin être triste.
15:21 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
QUELLE HUMANITE ?
Je passe Riad Zitou El Kedim et devant un bureau de tabacs, un placard informe du principal sujet abordé par "Le Point" qui vient de sortir : "Comment penser l'Homme ?". Et les photos de Michel Foucault, Pascal, Spinoza, etc... Avant de tourner vers la Rue des Princes, cela : un père qui mendie, à même le trottoir, avec sur ses jambes le corps de son fils ; une vingtaine d'années, décharné, tordu et le visage en grimaces...Ma pensée qui avait alors pris un certain chemin d'abstraction .. reste suspendue et bat des aîles sans tomber, sans retomber dans aucune réponse..
11:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
PARADOXE
Une banderolle est là, accrochée depuis qqs jours au dessus du centre de soins de la Place Jeema El Fna "tel jour, telle heure, Réunion d'information et de sensibilisation sur le travail des enfants au Maroc". A 20 mètres de la banderolle, près des étals d'oranges et, deux soirs de suite, un gamin de pas plus de 3 ans, assis sur un petit tabouret. Entre ses genoux et ds un saladier en plastique transparent qqs paquets cigarettes et qqs lots de mouchoirs en papier pour la vente.. Le premier soir, il est stoïque, muet et perdu ds la foule. Le second soir, il se mord les lèvres et va éclater de sanglots...
11:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.06.2008
pour méditer sur l'Islam..
L'appel à la prière dit que Dieu est grand..il ne dit pas que nous sommes petits.. donc....
11:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
pour que la Beauté arrive..
Il nous faut, pour apercevoir la Beauté (parfois..) consentir, toujours, auparavant, à la Tristesse..
11:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.05.2008
ON S'EST FACHES..
Dans la rue Fatima Zohra, je marche en cherchant une boutique qui me vendrait un porte fusible. Il m'aborde et commence la gentille drague habituelle... J'entends "tu es belle".. je réponds un peu ds le vague puis je me tais.. parce que si je suis dans cette rue c'est pour trouver un porte fusible... ! "Mais enfin, pourquoi tu ne me dis pas merci puisque je t'ai dit que tu étais belle ?".. alors là, je m'arrête tout net au risque de m'enfoncer les côtes ds le museau d'un âne, et je lui dis " mais enfin, c'est à toi de me dire merci puisque je suis belle !"... Et nous nous quittons fâchés d'avoir eu raison l'un et l'autre...
18:47 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
25.11.2007
LA MENTHE SELON COLETTE
Colette a aimé l'Afrique du Nord. Et aussi la menthe... "ô cette odeur qui touche d'un doigt glacé les amygdales, qui descend au profond des poumons, parle de neige, de poivre subtil, éveille l'esprit, trompe la soif ! - un vert bouquet de menthe crépue"
17:22 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
DES RACINES ET DES AILES
Les ailes des oiseaux.. sont également leurs racines...
17:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.11.2007
UN LONG FLEUVE..
Mais si, la vie est un long fleuve tranquille et qui coule ses eaux sereines sous un ciel toujours lumineux.. Mais qui peut supporter çà !! Ce paysage de jours sans failles...et ces lieux toujours visibles, devant, derrière... En amont, notre naissance... en aval, notre fin...
08:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.10.2007
appel à la prière à Er Rachidia
Appelprière
Vidéo envoyée par enircam
Er Rachidia est écrasée sous la chaleur et chaque soir, une tempête de sable voile le ciel, fait voler des sacs poubelles devant le visage des passants,puis dépose de la poussière jusque sur les claviers des cyber et sous les draps. Pourtant, derrière les volets verts de l'hôtel, je frissonne... la mosquée est tout prêt et j'écoute le plus bel appel à la prière que j'aie jamais entendu jusqu'alors.. Troublée par la beauté de ce chant, je vais finir mon voyage persuadée que l'incantation se fait en la bémol, parce que mon oreille semble avoir reconnu cette note toujours vibrante d'émotion. A mon retour, je vérifie.. non, c'est un Sol ! Déçue et de plus en plus intriguée... je reprends l'écoute de cet adhan en 13 paroles... plusieurs fois, et tout à coup : J'ENTEND ! En fait, la voix du muezzin se place d'abord sur le fa dièse puis glisse imperceptiblement vers le sol au bout de deux phrases et s'y installe définitivement à la fin de la prière. Cette subtile montée d'un demi-ton (belle envolée divine ! ), et qui n'est vérifiable que si on met le chant en repeat (chose impossible dans la réalité de l'appel à la prière !) est (peut-être ?) le secret de la Beauté qui m'avait troublée.. La Beauté s'affiche, soit... et le Secret se livre.. parfois...
09:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.10.2007
ECONOMIES DE CARBURANT...
Sur MSN.. tout à fait par hasard, je m'étais retrouvée en contact avec Samira. Fichue coïncidence : elle descendait au bled alors que j'y étais moi-aussi ! Et FES, j'aurais dû y aller en 1995, avec elle et toute sa famille ! 12 ans s'étaient écoulés..Aussi, nous nous étions donné rendez-vous ds la ville natale de ses parents, le samedi 14 juillet, au matin. J'ai donc quitté Azrou assez tôt.. dans un car cachexique... De ratés de moteur en évanouissement de cylindres... le bus s'est arrêté près d'un champ d'oliviers.. et nous sommes tous descendus ! J'ai bien sûr été tentée d'aller regarder moi-aussi sous le capot puis je me suis rappelée que j'étais ds un pays où les femmes n'avaient pas à s'intéresser à la mécanique... alors je me suis mise à l'ombre du seul olivier qui restait disponible... Y avait plus qu'à attendre.. ? J'ai bien essayé le stop.. mais bernique ! Aussi je me suis remise sous mon olivier... Puis nous avons été priés de reprendre nos places. Je me suis rassise près de la fenêtre, intriguée.. car le moteur n'avait pas ressucité... Le car s'est alors mis en mouvement, ds un parfait silence.. . et nous avons fait, en roue libre, les 17km de pente douce qui restaient jusqu'à Fes. Là, aux abords de la nouvelle ville, çà monte ! et le car a fini sa glissade devant une pharmacie..
22:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
UN PEU DE RACISME ??
Pour me rendre à la Source bleue de Meski, j'ai pris un grand taxi à Er Rachidia et pour que le taxi ait son nombre obligé de 6 clients, il a fallu attendre longtemps, très longtemps. Nous étions assis sur un banc, à l'ombre, silencieux. Quand enfin 4 hommes et une femme se sont enfin installés dans la voiture, je me suis avancée à mon tour et j'ai ouvert la porte droite de devant...La femme n'a pas bougé, regardait droit devant elle, ne se poussait pas... Je lui ai demandé de me laisser de la place... j'ai reformulé ma demande..rien à faire ! Il a falllu que le chauffeur intervienne pour qu'elle daigne me concéder 20 cm de siège... et j'ai fait les 15 km vers la Source bleue, coincée entre la Haine et une portière qui menaçait de s'ouvrir sur la chaussée..
22:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
ELU
Il faudrait, quand on aime, ne jamais oublier que c'est le monde poétique qui s'exprime à travers soi. Ni victime, ni bourreau, ni acteur, ni responsable...mais Elu...
22:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeux de seringues sur la Place Jemaa El Fna
21:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.09.2007
LE STRABISME DE FATIMA
A Midelt, je déjeune chez Lahcen et Fatima. Leur premier enfant va naître dans un mois. Dans le visage très virginal de Fatima, un fort strabisme qui me captive, m'attire... depuis longtemps je cherche des mots pour la fascination qu'excerce sur moi ce défaut du regard.. et soudain j'ai l'image que je cherchais : "un des yeux cherche à atteindre le coeur de l'interlocuteur tandis que l'autre fait le guet ! "
21:25 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

